4/4 Dessine moi une fugue – La strette

Nous avons vu dans les articles précédents

  • Le sujet, la réponse
  • Le contre-sujet et les conduits
  • L’alternance des divertissements avec les expositions secondaires

Nous arrivons au moment où se place la réexposition, c’est-à-dire le retour des entrées du sujet ou de la réponse, éventuellement accompagnées du contre-sujet.

La subtilité de la conception de la fugue repose alors sur un phénomène : éviter la lassitude qui consisterait à réentendre le début. C’est-à-dire une voix qui présente le sujet et, quand elle a fini, une autre la réponse et ainsi de suite.

La strette ou les strettes

La solution s’appelle la strette.
Elle désigne la phase ultime de la fugue.
Le mot strettes peut aussi désigner chacune des présentations combinées du sujet et de ses imitations.

Le mot strette vient de strictum (latin) qui signifie serré. Le jeu consiste donc à faire entrer l’imitation du sujet AVANT sa fin. Cela a pour résultat de produire des mini-canons. Tous les intervalles d’imitation sont alors possibles. Plus l’imitation entre tôt par rapport au modèle, plus le canon est long.

Il n’y a pas d’obligation de faire entrer la totalité de l’imitation. Vers la fin de la fugue, seules des têtes de sujet, facilement reconnaissables, peuvent entrer en strettes dans toutes les voix.
Elles favorisent alors un foisonnement contrapuntique saisissant.

Parmi toutes les combinaisons possibles, une strette mérite d’être connue. Elle porte d’ailleurs le nom de strette véritable. C’est la combinaison du sujet complet avec sa réponse (tonale ou réelle).

Si vous avez envie de composer un jour une fugue, je vous conseille de calculer d’abord un sujet qui puisse se combiner avec sa réponse et réserver leur présentation pour la conclusion de la fugue.

La coda

Enfin, en prime, une coda peut couronner la structure de la fugue. Souvent sur pédale de tonique, elle peut permettre d’entendre la réponse plagale à la dernière présentation du sujet.
En effet, la tonalité de la sous-dominante est souvent présente dans ce genre de construction.

Voici la dernière vidéo consacrée aux strettes et à la coda qui illustre mon propos avec des exemples musicaux et les partitions.

Coda en forme de strette de la Iere fugue du Clavier bien tempéré de Jean-Sébastien Bach

Coda en forme de strette de la Iere fugue du Clavier bien tempéré de Jean-Sébastien Bach

Strette de la XVIe fugue du Clavier bien tempéré de Jean-Sébastien Bach

Strette de la XVIe fugue du Clavier bien tempéré de Jean-Sébastien Bach

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