Cinq idées reçues qui vous empêchent de composer votre musique

Composer piano et papier musique

Vous jouez d’un instrument, vous aimez la musique et, peut-être, avez-vous déjà eu envie de composer quelques mesures qui seraient réellement les vôtres.

Mais une petite voix vous arrête : je ne sais pas composer, je n’ai pas le niveau, je manque d’inspiration, je n’ai pas le temps…

Et si ces obstacles étaient surtout des idées reçues ?

Composer ne signifie pas nécessairement écrire une symphonie. On peut commencer beaucoup plus simplement : une mélodie, quelques accords, un rythme, quelques mesures. Comme pour toute pratique artistique, la création musicale s’apprend progressivement.

Voici cinq idées reçues qui empêchent encore beaucoup de musiciens d’oser se lancer.

Idée reçue 1 : « Composer, c’est impossible… « 

Composer piano et papier musique

Une étudiante violoniste venant du Conservatoire de Moscou m’avait offert un traité d’harmonie.

Je ne pouvais évidemment pas lire les explications en russe, mais la musique est un langage universel. Les exemples musicaux me permettaient de découvrir une pensée harmonique quelque peu différente de la nôtre.

Lorsque j’ai expliqué à cette étudiante que j’attendais d’elle des exercices d’harmonie, mais également un travail de composition thématique, sa réaction m’a surpris :

« À Moscou, composer ? Mais c’est impossible ! »

La discussion qui a suivi m’a permis de comprendre ce qu’elle voulait dire. Après Tchaïkovski, Rachmaninov ou Chostakovitch, véritables dieux de la musique à ses yeux, comment de simples étudiants de conservatoire pourraient-ils se permettre de composer ?

Cette réaction est extrême, mais elle révèle quelque chose de très courant.

Nous associons trop facilement le mot composer aux grands compositeurs.

Pourtant, on peut pratiquer la composition sans prétendre écrire un chef-d’œuvre, exactement comme on peut dessiner sans vouloir devenir Picasso ou écrire un poème sans prétendre être Victor Hugo.

Pour commencer, il suffit d’accepter d’essayer.

Idée reçue 2 : « Je n’ai pas de diplômes ou les compétences nécessaires… »

Roger Lécussant au piano
Roger Lécussant au piano

J’entends souvent :

« Je n’ai pas fait d’études au conservatoire. »

Ou :

« Je n’ai pas le diplôme. »

En France, lorsqu’on veut entreprendre quelque chose, la question du diplôme arrive rapidement.

Mon père, qui était pianiste de jazz, avait été frappé par une attitude très différente lorsqu’il était arrivé aux États-Unis. On lui avait simplement montré un piano.

Il avait joué.

En cinq minutes, la question était réglée. Il n’avait aucun diplôme musical, il a gagné sa vie comme pianiste de jazz.

Pour composer, vous n’avez pas besoin d’un diplôme. En revanche, quelques connaissances musicales sont nécessaires. Vous les acquérez en général dans les 2 premières années de pratique instrumentale ou vocale.

Donc, si vous pratiquez déjà un instrument ou le chant depuis quelque temps, vous possédez probablement une partie de ces bases sans même en avoir conscience.

L’enjeu consiste ensuite à apprendre à les utiliser pour créer

Idée reçue 3 : « Il faut attendre l’inspiration »

Pour compléter ce bref tableau des inhibitions, parlons des idées reçues sur ce qu’est un compositeur.

Nous avons tous en tête l’image du compositeur saisi soudainement par une inspiration extraordinaire, écrivant presque sous la dictée une œuvre entière.

Il y a de quoi décourager celui qui attendrait que le même phénomène lui arrive !

La réalité est beaucoup plus simple.

Les idées apparaissent aussi parce que l’on travaille, que l’on cherche, que l’on joue, que l’on improvise.

Vous stimulez votre créativité par une routine artistique qui inclut l’écriture musicale quotidienne. Ce peut être l’improvisation, l’exploration de nouvelles idées et la recherche constante de nouvelles sonorités.

Et, très souvent, l’idée vient parce que l’on a commencé.

Idée reçue 4 : « Je n’ose pas composer, je suis bloqué… »

Le système d’évaluation des compétences, l’éducation scolaire et la pensée médiatique vous ont peut-être façonné d’une manière particulière.

Enfant, on ne vous a peut-être jamais encouragé à composer une chanson, ni montré le travail souvent laborieux du compositeur. Il est temps de réagir !

Pourquoi la musique serait-elle différente du dessin ou de l’écriture ?

De la même façon, vous pouvez composer une pièce correspondant à votre niveau musical.

Elle sera peut-être très simple.

Ce n’est pas un problème.

L’objectif, au début, est de découvrir ce qui se passe lorsque vous choisissez vous-même une mélodie, un accord ou un rythme.

Peu à peu apparaît quelque chose d’essentiel : votre propre voix musicale.

Idée reçue 5 : « Je n’ai pas assez de temps« 

Même lorsque l’envie est là, un dernier ennemi nous guette : la procrastination.

On composera demain.

Pendant les vacances.

Quand on connaîtra mieux l’harmonie.

Quand on aura davantage de temps.

J’ai eu l’occasion d’observer des élèves de 12 à 90 ans confrontés à cette situation.

Une fois franchi le seuil de la classe, une chose finissait généralement par vaincre leurs hésitations : l’envie.

L’envie d’essayer.

L’envie d’écrire ou de jouer quelque chose à soi.

L’envie de l’entendre.

L’envie de savoir ce que les autres en pensent.

L’envie de comprendre comment l’améliorer.

Et enfin le plaisir de conserver cette petite composition et de pouvoir la faire entendre.

Il n’est donc pas nécessaire de disposer de journées entières pour créer. Quelques moments réguliers peuvent suffire pour commencer.

Cultivez votre envie, la création contribue à un équilibre personnel.

Mais comment composer ?

C’est finalement la vraie question.

  • Vous pouvez être guidé dans l’apprentissage de la création musicale. Commencez par des bases telles qu’une mélodie, un accompagnement avec quelques accords simples, et un rythme de base.
  • Vous pouvez progresser graduellement en élargissant la palette d’accords. Il suffit d’étudier plus en profondeur les structures de phrases et les styles d’accompagnements.
  • Vous pouvez apprendre à accompagner des mélodies en évaluant au clavier ce qui sonne bien ou non.
  • Enfin, en d’autres termes, il est possible de devenir compositeur amateur en suivant un apprentissage progressif. Aquerez progressivement des connaissances en solfège, en harmonie, en contrepoint et en rythme à l’instar des ateliers amateurs de dessin ou d’écriture poétique guidés par un spécialiste.

L’harmonie, le contrepoint, le rythme ou l’analyse musicale deviennent alors des outils.

On ne les apprend plus seulement pour connaître des règles : on les utilise pour créer de la musique.

C’est cette démarche progressive que je cherche à transmettre : comprendre ce que l’on fait, l’entendre, puis l’utiliser.

Vous voulez commencer ? Explorez d’abord les ressources gratuites

Vous pouvez déjà découvrir de nombreux contenus gratuitement sur Composer Harmoniser.

Dans le menu Ressources, vous trouverez notamment des vidéos, des Focus, un dictionnaire musical en vidéo ainsi que des masterclasses plus longues, qui reprennent certains sujets depuis leurs bases pour aller plus loin.

Le Blog vous permet également d’explorer de nombreux sujets autour de l’harmonie, de l’écriture et de la création musicale. La recherche vous permet de retrouver les articles correspondant à la notion qui vous intéresse.

Pour la plupart, ces ressources couvrent divers sujets du solfège aux techniques instrumentales. Grâce à cela, vous enrichirez votre compréhension de la musique. Profitez de cette opportunité pour apprendre à votre propre rythme et développer votre passion musicale.

De la compréhension à la pratique

C’est précisément la différence avec mes formations.

Vous y retrouvez des explications, mais surtout une progression et des exercices qui vous amènent à mettre immédiatement les notions en pratique.

La meilleure façon de savoir si vous pouvez composer est peut-être simplement de commencer.