Article 1 : Armures- Comprendre l’ordre des dièses et des bémols
Les compositeurs, improvisateurs et harmonisateurs s’intéressent certainement à cette question : Quel intérêt musical l’ordre immuable des dièses et des bémols présente-t-il ?
Les modulations aux tons voisins Majeurs des deux sens : SOL et FA
Dans le cycle des quintes, les tonalités majeures sont classées par voisinage. Chaque ton voisin ayant un dièse de plus à son armure puis un bémol de moins dans le sens des aiguilles d’une montre ou un bémol de plus puis un dièse de moins dans l’autre sens.
Les règles d’harmonie permettent de comprendre la fonction de cette altération de différence pour entrer dans la nouvelle tonalité voisine. L’accord utilisé (à 4 sons) est la 7e de dominante (Ve degré harmonique) du ton dans lequel on module.
- Pour entrer en SOL M : Ré-fa#-la do (le fa# est la nouvelle sensible)
- Pour entrer en FA M : Do-mi-sol-sib (le sib est la nouvelle 7e).
De manière « naturelle » ces deux sons doivent se résoudre dans l’accord suivant de façon conjointe, la sensible en montant sur la tonique et la 7e en descendant sur la médiante.

Parcours ascendant de modulations au ton voisin
L’accord du Ier degré de la nouvelle tonalité permet ces 2 résolutions. Voici un exemple de modulations successives au ton voisin de DO à MI Majeur qui l’illustre (j’appelle ce sens de modulation, le sens ascendant) :

Le nouveau dièse n’est autre que la nouvelle sensible, utilisée dans l’accord de dominante qui s’enchaîne avec la tonique dans le Ier degré de la nouvelle tonalité voisine.
Bien sûr, cette sensible peut aussi se résoudre de la même façon dite naturelle sur la note d’un accord autre que celui du Ier degré, par exemple celui du VIe degré qui contient cette note de résolution.

L’enchaînement peut même susciter une résolution exceptionnelle :
- La sensible, au lieu de monter conjointement, descendant d’1/2 ton chromatique.

Parcours descendant de modulations au ton voisin
Dans l’autre sens, que j’appelle descendant, voici un exemple de modulations successives au ton voisin de DO à LAb Majeur :

Le nouveau bémol n’est autre que la nouvelle septième de l’accord de dominante qui s’enchaîne avec la médiante de l’accord du Ier degré de la nouvelle tonalité voisine.
Bien sûr, cette septième peut aussi se résoudre de la même façon dite naturelle sur la note d’un accord autre que celui du Ier degré, par exemple celui du VIe degré qui contient cette note de résolution.

L’enchaînement peut même susciter une résolution exceptionnelle
- la septième, au lieu de descendre conjointement, montant de 1/2 ton chromatique.

Revenons à la question-titre
Nous pouvons, par conséquent, revenir à la question initiale : quel intérêt musical l’ordre des dièses et des bémols présente-t-il ?
Cet ordre immuable lié au classement des tonalités voisines met en valeur l’emploi de l’accord clé permettant de passer d’une tonalité Majeure à sa tonalité Majeure voisine. Et, en particulier la fonction de deux sons de cet accord, sa 3ce qui est la sensible et sa 7e.
- À partir de DO Majeur, en montant – dans l’ordre des aiguilles d’une montre – chaque tonalité a une note de différence avec la précédente. Et cette note est le nouveau (et dernier) dièse de son armure, jouant le rôle de nouvelle sensible issue de l’accord de dominante.
- À partir de DO Majeur, en descendant – il en va de même, mais la nouvelle note est le nouveau bémol de son armure, jouant le rôle de nouvelle 7e de l’accord de dominante.
Résumons-nous à l’aide du cycle
Comme on peut le voir dans le cycle complet des 5tes dans ma vidéo :
En montant, soit dans le sens des aiguilles d’une montre
- De DO à FA# Majeur les nouvelles altérations des sensibles, successivement, fa#, do#, sol#, ré#, la#, mi#, apparaissent suivant l’ordre des dièses,
- Ensuite, de SOLb Majeur (enharmonique de FA#) à DO, les altérations des 7es, do bécarre, sol bécarre, ré bécarre, la bécarre, mi bécarre, si bécarre – disparaissent suivant l’ordre inverse des bémols.
En descendant, dans le sens inverse des aiguilles d’une montre
- De DO à SOLb Majeur les nouvelles altérations des 7es, successivement, sib, mib, lab, réb, solb, dob, apparaissent suivant l’ordre des bémols,
- Ensuite, de FA# Majeur (enharmonique de SOLb) à DO, les altérations des sensibles, mi bécarre, la bécarre, ré bécarre, sol bécarre, do bécarre – disparaissent dans l’ordre inverse des dièses.
Pour entendre et voir ces explications, une vidéo complète
Dans la vidéo complète jointe à cet article, je présente ce cycle et j’y ajoute deux écoutes de l’enchaînement complet du cycle Majeur, grâce à l’accord de 7e de dominante dans le sens ascendant et dans le sens descendant.
Avertissement : cette vidéo commence par l’explication du classement par tons voisins du cycle des quintes. Si vous souhaitez passer directement à l’intérêt musical harmonique que présente cet ordre immuable, allez directement à 17:22, les tonalités diésées.
En résumé
Cet article et la vidéo qui l’accompagne m’ont permis de démontrer que les modulations aux tons voisins à l’aide de l’accord de 7e de dominante ont un lien avec l’ordre immuable des dièses et des bémols dans les armures.
En Majeur, l’ordre des dièses et celui des bémols correspondent à l’apparition ou la disparition des nouvelles altérations des sensibles et des 7es de l’accord de dominante, accord clé pour moduler dans un ton voisin.
Quant aux tonalités mineures, elles fonctionnent en relation avec leurs tonalités relatives Majeures puisqu’elles ont la même armure. Il est donc possible de construire également un cycle complet des tons mineurs voisins.
Ce cycle fonctionne aussi de 5te en 5te. Mais lui n’a aucun rapport avec l’ordre des dièses et des bémols !
Laisser un commentaire